Coq d'Arles ! Feu !
Lucien Clergue
Déjà dans désespoir du Nord, en 1918,
ce vers "m'interpelle" comme on dit aujourd'hui.
En réalité, Jean me l'avoua plus tard "C'était
pour la rime". Mais il avait écrit à
Mistral, qui lui avait répondu, Jean Hugo habitait
Lunel, les Noailles avaient leur quartiers d'été
à Hyères, puis vint l'école d'Arles
: Magnan, Coulon, Dieudonné, Haver. Je les connaissais
tous et leur faisait partager ma chance. Pour chacun il
avait un mot, une lettre, un dessin, une préface.
Il ne savait pas dire non. Enfin les corridas où
venait Picasso l'attiraient bien que son docteur lui ait
imposé de s'allonger pendant une heure après
chaque course. Jean vint même jusqu'à moi,
dans ma sordide maison du quartier gitan _ aujourd'hui les
Gypsy Kings, fils et neveux de mes voisins d'alors, préfèrent
les roulottes, aux taudis qu'on leur louait. Nous partagions
sa table, recueillions ses oracles "Méfie toi
des intellectuels" ne cessait-il de dire à Jean-Marie
Magnan, sur le parvis de l'hôtel Jules César.
Bien qu'il s'en défende, Cocteu n'appartenait pas
à la même famille que Picasso. Mme Weisweiller,
Doudou et Jean descendaient au " 4 étoiles"
jules César, alors que les Picasso allaient du Forum
au Nord pinus se contentant d'un "2 étoiles".
En 1957, mon ami Rouquette monta sa première exposition
au Musée réattu. Il choisit Picasso Picasso.
Mais une fois les œuvres au mur, le maître ne
vint pas. Cocteau était présent afin de prononcer
un nouveau discours de Rome... dans cette ville aussi fondée
par Jules César.
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Lettre de Jean Cocteau à Lucien
Clergues

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