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La route du sud de Jean Cocteau


Villa Santo Sospir
Saint-Jean-Cap-Ferrat

Chapelle Saint-Pierre
Villefranche/Mer


Salle des Mariages
Menton

Le Bastion
Musée Jean Cocteau
Menton


Théâtre en Plein Air
Cap d'Ail

Chapelle Notre-Dame de Jérusalem Fréjus
Domaine de la Tour de Mare

Le testament d'orphée
Les Baux de Provence site du Val d'enfer



   

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La Route Jean Cocteau présentée par Carole Weisweiller
   

« Picasso, Matisse, Chagall, moi-même, sur cette côte où vivait Renoir, nous avons essayé de vaincre l'esprit de destruction qui domine l'époque, nous avons orné des surfaces que les hommes rêvent de démolir. Peut-être, que l'amour de notre travail les protègera contre les bombes ».

Jean Cocteau


Jean Cocteau, infatigable travailleur, réalise entre 1950 et 1963 plus de fresques, de vitraux, de dessins, de poteries et de tapisseries que la plupart des artistes dans toute leur vie.

En grande majorité, le travail de fresques du poète se situe sur la Côte d'Azur et plus spécialement dans le département des Alpes Maritimes. Néanmoins, nous continuerons cette route Jean Cocteau par les départements du Var (Chapelle de Fréjus) et des Bouches du Rhône (tournage aux Baux-de-Provence de son dernier film : « le Testament d'Orphée »).

Durant cette période, en plus de son oeuvre de peintre, d'architecte et de potier Jean Cocteau ne cesse d'écrire : des poèmes, des essais, son journal, des pièces de théâtre, des scénarios de films, des arguments de ballets... Il réalise pour le cinéma un moyen et un long métrages («  La Villa Santo Sospir » 1951, « Le Testament d'Orphée » 1959)

Fait unique pour un artiste, spécialement à une époque où l'argent régnait déjà en maître, il a offert maison, chapelles, salle des mariages, théâtre, que cela soit à Madame Weisweiller, aux pêcheurs de Villefranche, à la municipalité de Menton, aux étudiants du Cap-d'Ail...

La seule exception fut pour sa dernière oeuvre « inachevée » : la chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem à Fréjus. Donner à Dieu et aux hommes qu'il aimait des murs était peut-être une façon de lutter contre une certaine destruction des valeurs qui s'annonçait déjà !



LES ALPES MARITIMES


• LA VILLA SANTO SOSPIR A SAINT-JEAN-CAP-FERRAT

En 1950, Jean Cocteau est invité à passer quelques jours de vacances dans la ville de son amie Francine Weisweiller à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Après une semaine, il demande à Francine s'il peut faire un dessin au dessus de la cheminée : c'est ainsi qu'il entreprend sa première grande décoration murale. De fil en aiguille, il tatoua tous les murs de la villa. Il écrit dans son « Journal d'un inconnu » : « deux étés allègres, (ceux de 1950 et 1951) deux étés où je tatouais comme une peau, où je maniais ensuite l'attirail du peintre, deux étés où je devenais mur et toile, où j'obéissais à mes ordres sans qu'aucun tribunal ne me jugeât » (...)

Il ajoutait : « le silence de ces murs étaient terribles et même il criait leur silence à tue-tête (...) ». « Matisse a dit « quand on décore un mur, on décore les autres », il avait raison. « Picasso a ouvert et fermé toutes les portes. Restait de peindre sur les portes, c'est ce que j'ai essayé de faire. Mais les portes donnent dans les chambres, les chambres ont des murs, et si les portes sont peintes, les murs ont l'air vides ».

Jean Cocteau a d'abord utilisé le fusain et ensuite, il a exécuté ses fresques « a tempera ». Un ouvrier italien lui préparait les poudres qu'il délayait dans du lait cru.

Il disait encore : « j'ai traité les fresques linéairement avec le peu de couleurs qui réhaussent les tatouages. « Santo Sospir est une villa tatouée ».

Le thème des fresques de la villa sont pour la plupart inspirées de la mythologie grecque.

Deux ans après avoir terminé les murs de la villa, Jean Cocteau s'attaqua au plafond. Les trouvant trop blancs, il les colorie au pastel dans des tons très doux.

Environ un an après les plafonds, Jean Cocteau compose pour le patio d'entrée de la villa deux mosaïques noire et blanche.

Le poète m'écrivit un jour : « quand je travaillais à Santo Sospir, je devenais moi-même murs et ces murs parlaient à ma place ».

Aujourd'hui les fresques habillent toujours les murs de la villa.

En plus des fresques, Jean Cocteau offrit à son amie Francine, une tapisserie « Judith et Holopherne » dont il avait fait le carton quelques années auparavant. Cette tapisserie a été exécutée dans les ateliers d'Aubusson. Elle est toujours accrochée sur le mur du fond de la salle à manger de la Villa Santo Sospir.

La Villa sera très bientôt ouverte au public (par petits groupes).


• LA CHAPELLE SAINT-PIERRE DE VILLEFRANCHE

Après avoir tatoué la villa de Madame Alec Weisweiller, Jean Cocteau confie à un de ses amis délégué au Tourisme, son projet d'offrir en souvenir de sa jeunesse passée, une chapelle aux pêcheurs de Villefranche. Mais il fallut plus de 7 ans de lutte pour que le maire de Villefranche et son équipe, réussissent à convaincre les pêcheurs propriétaires de la chapelle, de changer leurs filets de place. Ce n'est qu'en 1957 qu'enfin le poète a pu s'attaquer aux murs de la nef de la chapelle Saint-Pierre.

La Chapelle comporte un double style : un style figuratif où le poète raconte certains épisodes de la vie du Christ et de Saint-Pierre, un autre style purement décoratif fait de géométries peintes sur la coupe des arches.
La façade de la Chapelle est traitée à l'italienne comme toutes celles qui faisaient la grâce de Villefranche avant que des couches de peinture morte les « déshonorassent ».

Contrairement à la Villa Santo Sospir où Jean Cocteau dessina à même le mur sans aucune maquette préalable, il projeta ses dessins dans la chapelle à l'aide d'une lanterne magique.

Cocteau disait qu'il voulait que les visiteurs puissent se sentir pris comme dans « les mailles d'un filet de pêche »

• Sur le mur de droite : hommage aux gitans des Saintes-Maries-de-la-Mer. Un guitariste accompagne la danse d'une petite fille tandis qu'un pêcheur raccommode son filet. Pour cette fresque, Jean Cocteau s'est inspiré de deux photographies des Saintes-Maries par Lucien Clergue.
• Sur le mur opposé, c'est un hommage aux demoiselles de Villefranche.
• Dans l'abside : Saint-Pierre marche sur les eaux.
• Deuxième panneau de gauche : Outrage à Saint-Pierre après son reniement.
• Deuxième panneau de droite : un Ange délivrant Saint-Pierre.
• Au-dessus de la porte, vous pourrez lire cette magnifique phrase de Saint-Pierre : « Entrez vous-même dans la structure de l'édifice comme étant des pierres vivantes ».

La chapelle est ouverte au public.

• LA SALLE DES MARIAGES DE LA MAIRIE DE MENTON

En 1957-1958, très peu de temps après avoir terminé les murs de la chapelle de Villefranche, le maire de Menton de l'époque, Monsieur Francis Palmero, demande au poète de décorer à l'intérieur de la mairie, une salle consacrée aux mariages. Contrairement au problème que Jean Cocteau eut à Villefranche, Monsieur Palmero lui facilite le travail le plus possible.

Cocteau s'est inspiré de volutes des boucliers, tambours et masques africains, qui l'incitèrent sans qu'il s'en doute à remplacer les tâches de couleur par un méandre anatomique, véritable labyrinthe de lignes. Cocteau dira « j'avais, à mon insu, décoré cette salle dans le style des, Palais de Crète, exemple le Palais de Knossos ».

Quelques thèmes de cette salle de mariages :
• « la noce d'un village imaginaire où la femme doit suivre son mari »
• « le jeune ménage à cheval s'apprête à partir. Les jeunes filles apportent des présents, un aveugle une orchidée, les jeunes gens se réjouissent, dansent et accourent faire leurs adieux ».
• « Orphée et Eurydice soutenus par deux femmes » etc...

La salle de mariages de la Mairie de Menton sert toujours pour les mariages et est ouverte au public.

• LE MUSEE DU BASTION DE LA VILLE DE MENTON

Ce Musée contient des dessins et des lithos réalisés par le poète ainsi qu'un deuxième exemplaire de la tapisserie de « Judith et Holopherne ».

En 2009 ou 2010, un nouveau « musée Cocteau » sera ouvert à Menton grâce à une importante donation de Severin Wunderman.

• LE THEATRE DU CAP D'AIL

Le Centre Méditerranéen Universitaire du Cap-d'Ail a été créé dans les années 50 par un certain Monsieur Moreau, ancien directeur de mouvements de jeunesse. En 1958, une troupe d'étudiants comédiens écrivit à Jean Cocteau qui habitait la Côte d'Azur, pour l'inviter à une représentation qu'ils donnaient au centre du Cap-d'Ail. Le poète accepta et, après le spectacle, qui avait lieu dans les jardins, Jean Cocteau dit à Monsieur Moreau qu'un tel site mériterait un vrai théâtre comme en Grèce. Le Directeur du Centre prit le poète au mot et lui demanda de dessiner son théâtre idéal. Pour des raisons financières et de mésententes avec l'architecte, les travaux s'éternisèrent. Jean Cocteau a du les reprendre en cours. Ayant passé une grande partie de sa vie sur une scène de théâtre, le poète n'ignorait rien ni de l'acoustique, ni de la pente nécessaire à la scène, ni de la hauteur de chaque marche de l'amphithéâtre.

• Sur les murs qui descendent le long des gradins, Cocteau a sculpté deux serpents qui se terminent par un oeil dont ils forment le sourcils : « Je me suis inspiré du célèbre serpent d'Istanbul et des grecs qui peignaient le marbre et le bronze avec ce super réalisme des statuts d'émail et d'émeraude ».
• Sur le sol de la scène peint en gris et blanc, Cocteau a dessiné deux visages face à face, séparés par des feuillages.
• Sur le mur de scène, au-dessus des caissonades, des lettres grecques « Comédie et Tragédie » se découpent dans le ciel.

Bien que Monsieur Moreau nous ait quitté, le théâtre du Cap d’Ail est toujours visitable.


LE VAR

• NOTRE-DAME-DE-JERUSALEM – DOMAINE DE LA TOUR DE MARE A FREJUS

Au tout début des années 60, un banquier niçois eu l'idée d'aménager sur les hauteurs de Fréjus le Domaine de la Tour de Mare. Ce lieu devait être destiné aux artistes. Il demanda à Jean Cocteau s'il accepterait de concevoir les plans d'une chapelle et ensuite d'en décorer les murs. Cette chapelle serait dédiée aux chevaliers du Saint-Sépulcre de l'ordre de Jérusalem. Malheureusement le projet initial dû être abandonné pour des raisons financières et à cause de la mort du promoteur.

Ce n'est qu'en 1961 que le Vatican lui-même prit contact avec Jean Cocteau. Le poète débordé de travail laissa traîner sa réponse jusqu'en août 1962. En décembre de la même année, Jean Cocteau aidé par le peintre Raymond Moretti, réalisa dans les studios de la Victorine à Nice les maquettes des vitraux des trois portes en taille réelle.

En janvier 1963, Jean Cocteau exécute la seconde phase du travail. En février de cette même année, il réalise de nombreuses esquisses mais déjà le poète est très fatigué. En avril, Jean Cocteau, de retour à Paris, est terrassé par une crise cardiaque. Il se remet difficilement. De plus en plus épuisé, Jean Cocteau s'inquiète : « je dois apprendre à revivre ». Durant l'été 63, malgré sa fatigue, il réalise plusieurs esquisses d'une vierge à la rose pour le panneau central de la chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem.

Malheureusement, Jean Cocteau n'exécutera pas lui-même les fresques de la chapelle : la mort l'ayant surpris le 11 octobre 1963 à Milly-la-Forêt.

C'est son fils adoptif, Edouard Dermit, qui reproduira sur les murs de l'édifice ses dessins préparatoires et Roger Pelissier, céramiste d'art, réalisera la mosaïque du sol.


BOUCHES DU RHONE

• LES BAUX-DE-PROVENCE : SITE DU VAL D'ENFER


Jean Cocteau tourna dans les grottes du Val d'Enfer aux Baux-de-Provence une partie de son dernier film « Le Testament d'Orphée ».
Jean Cocteau et Edouard Dermit en étaient les acteurs principaux et figurèrent, entre autres, dans ce film : Yul Brynner, Daniel Gélin, Nicole Courcel, Jean Marais, Charles Aznavour, Pablo Picasso et sa femme Jacqueline…
 
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